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 MUSIQUE

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Nedjma
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MessageSujet: MUSIQUE   Lun 21 Mai - 8:18

Aziri (Poète kabyle)


« Etre différent, c’est se sentir menacé »


On fait toujours la connaissance d’un poète un peu par hasard. Aziri joue avec les mots et cisèle ses notes comme un orfèvre. Il puise ses inspirations dans la génération de Slimane Azem. Ses compagnons ont pour nom Cheikh El Hasnaoui, Zerrouki Allaoua… Rencontre avec un artiste atypique.

Qui est donc Aziri ? Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis né à Alger. Mes parents sont retournés en Kabylie, leur terre natale, quand j’avais deux ans, plus précisément, à Ath Ziki, un petit village à environ 70 km de Tizi Ouzou. Dans ma famille, on a toujours aimé la musique et le chant, mon père jouait de la flûte et mon grand frère de la guitare, mais ils le faisaient tout naturellement pour le plaisir. Mon enfance a été bercée de musique, surtout celle qu’on entendait à la radio. On écoutait les disques des anciens chanteurs, la musique et les chansons de chanteurs traditionnels. Vers l’âge de 10 ans, j’en étais tellement imprégné que j’avais l’intuition que, pour moi, ce serait la seule voie possible. Mais je n’en avais pas vraiment conscience. A quinze ans, j’ai appris à jouer de la guitare tout seul. Depuis, elle ne m’a plus quitté.
On sent que votre album tire ses racines de loin. On remarque une influence des anciens, comme Zerrouki Allaoua et Cheikh El Hasnaoui. Vous avez été marqué par eux ?
J’ai été imprégné par la tradition musicale des grands anciens. Ils ont été mes premiers maîtres. Leurs chants étaient de magnifiques poèmes traversés par des thèmes comme l’amour, la liberté, l’exil. Ce n’étaient pas des chansons légères, mais vraies. Celui qui m’a particulièrement marqué était Slimane Azem. Ce qu’il faisait n’avait rien à voir avec un folklore superficiel ou la mode. C’était un artiste complet : auteur, compositeur, interprète.
Pour les chœurs, vous avez choisi les sœurs Djurdjura. Comment s’est faite la rencontre ?
Avant de rencontrer les sœurs Djurdjura, j’avais une immense admiration pour le groupe. J’ai tout naturellement pensé à Djura quand j’ai fait cet album et elle a accepté d’y collaborer. Elle n’a rien perdu de la flamme et de l’authenticité que j’avais aimées.
Est-il difficile d’être artiste kabyle à Paris ?
Etre un artiste kabyle à Paris est très difficile, il est difficile de rester soi-même, de garder dans son cœur le message que l’on porte. On est face aux autres. Il est beaucoup plus facile de « s’intégrer », c’est un mot à la mode, de renier ses origines, de se fondre dans la masse. Vivre en étant différent, avec ce que l’on est vraiment, c’est se sentir menacé en permanence et cela peut conduire à une sorte de folie. Il faut garder l’équilibre entre ce que l’on est et ce que l’on est devenu. Le problème est double. En tant qu’artiste, on est autre, on doit en permanence dompter son pouvoir de création, en tant qu’exilé, on doit chaque jour surmonter son désespoir. C’est pourquoi je ne veux pas être seulement un chanteur kabyle pour les Kabyles. L’exil, la tristesse, la nostalgie sont des thèmes universels que chacun peut comprendre et ressentir.
Votre double album porte un titre bien mystérieux, Timsaeraqt, « l’énigme ». Pourquoi ce choix ?
Ce n’est pas un choix, c’est l’œuvre qui a donné son titre à l’ensemble de l’album. L’énigme est le fil conducteur de toutes les chansons de l’album qui est comme un labyrinthe. Chacun trouvera son propre chemin vers la sortie.
Comment peut-on décrypter vos chansons ?
Si mes chansons sont entendues de façon superficielle, elles ne conduiront nulle part. Chacun est libre et doit trouver dans son cœur une voie ou/et une voix intérieure. L’écho est un phénomène universel. Certes, il y a des montagnes en Kabylie mais pas seulement. L’Atlas, les Alpes, l’Himalaya abritent des peuples authentiques, mais dès lors qu’on les enferme, qu’on les réduit à leur seul particularisme, c’est terminé, ils sont bons pour les réserves, les zoos. Si des peuples sont en voie de disparition, c’est que le folklore et la mise en scène participent à cette mise à mort silencieuse. Le chant meurt, la langue meurt, les poètes sont oubliés.

Rémi Yacine
El watan

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MessageSujet: Re: MUSIQUE   Lun 21 Mai - 8:20

Musique Targuie : Les rockers oubliés du désert


Il y a ceux qui écrivent l’histoire avec les armes et ceux qui la font avec la musique. Pour Abdallah Oumbadougou, chanteur et compositeur emblématique chez les Touareg, ce sera donc la guitare. Une guitare électrique accompagnée d’une voix rocailleuse et grave.

Paris : De notre bureau

Deux instruments amplement suffisants pour exprimer les complaintes et les souffrances de la communauté targuie du Niger. Ces hommes et ces femmes, libres et fiers, rentrés des années durant en résistance et en rébellion contre l’Etat central. La musique sera le fils conducteur de leur lutte. Quand les artistes se connectent, l’histoire se raconte avec force et admiration. Tout est parti donc d’un branchement nocturne et anodin de guitares électriques sur les batteries des voitures 4x4 pour voir s’improviser un concert en plein désert nigérien. Mieux que cela, un projet culturel et solidaire prend forme grâce à la rencontre entre Farid Merabet et François Bergeron d’une part, et le chanteur targui Abdallah Oumbadougou, d’autre part. Résultat : naissance des Ishumars, les rockers oubliés du désert. L’aventure de Desert Rebel, du voyage musical commencé sur le sable chaud du Niger et achevé sur les côtes froides et ventées de la Bretagne est le premier volet d’une série de documentaires sur les cultures en résistance à travers le monde. Une autoproduction qui s’inscrit dans une économie alternative de développement durable. 6% des bénéfices seront consacrés au développement des écoles de musique de Abdallah Oumbadougou. L’aventure débute en mars 2005 dans le nord du Niger. Dès 2004 déjà, le projet séduit de nombreux artistes internationaux de renom, à l’image du chanteur Guizmo de Tryo, d’Amazigh Kateb (Gnawa Diffusion) et de Daniel Jamet de la Mano Negra. Elle se poursuivra jusqu’à la sortie d’un film documentaire sur l’histoire tourmentée des Touareg du Niger et un album de 16 titres, tiré des tripes du légendaire targui Abdallah Oumbadougou. « Il a une idéologie rebelle car ses chansons ont vu le jour avec la résistance. Ses chants militent en faveur de la rébellion. L’histoire lui a donné raison », explique Ibrahim Manzo Diallo, directeur du journal nigérien Air info. Le documentaire est un mélange d’histoire et de poésie souvent triste et mélancolique. Il articule les différentes étapes de la création musicale accompagnée de récits de lutte du peuple targui.

Prisons et torture

Abdallah, lui, ne coulera pas toujours des jours heureux. Pris dans le collimateur du régime nigérien, il a été maintes fois emprisonné. « J’ai été frappé au fouet jusqu’à perdre connaissance. Pourtant, avec la musique, je ne blesse personne », a-t-il témoigné à l’écran. Mais Abdallah Oumbadougou ne désespère pas et s’investit davantage dans la musique comme arme de lutte et de recouvrement de l’indépendance targuie. Il finance une première école à Arlit, suivie d’une seconde à Agadez, la plus grande ville du nord du Niger. De nombreux jeunes ont appris à se servir de la guitare, de la batterie ou des tambours... Ils les utilisent aujourd’hui pour propager leur combat identitaire et politique. La musique de Abdallah Oumbadougou raconte aussi l’union perdue des Touareg et l’émiettement de la résistance, déchirée en plusieurs fronts. Des chants d’honneur et de nostalgie qui ont fait le tour de la France et de l’Europe avant d’arriver en Amérique du Nord. Le collectif Desert Rebel s’est déjà produit sur plus de 70 scènes, en France et à l’étranger, devant plus de 250 000 personnes. Transmusicales de Rennes, Esperanza en Belgique, Festival d’Agadir au Maroc, BAM à Barcelone, Festival d’été au Québec… Tous les podiums sont bons pour prêcher la sage parole des hommes bleus.

Yacine Farah
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