Femmes en action

Forum pour femmes modernes et actives de toutes origines et cultures
 
AccueilCalendrierGalerieFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 8 Mars: Journée internationale de la femme

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Nedjma
Admin
avatar

Nombre de messages : 30827
Age : 63
Localisation : Allemagne
Date d'inscription : 14/03/2007

MessageSujet: 8 Mars: Journée internationale de la femme   Sam 6 Mar - 11:42

Les femmes sont devenues plus visibles en dépit du retard des pratiques sociales

Avant de commencer cette analyse du mouvement féministe algérien, je voudrais saluer la mémoire de Nabila et Katia, assassinées il y a quinze ans. Katia Bengana, lycéenne de 17 ans, assassinée le 28 octobre 1994 à Meftah, près d’Alger, pour avoir refusé de porter le hidjab et Nabila, architecte de 29 ans, assassinée le 15 février 1995 à Tizi Ouzou, parce qu’elle était la présidente de l’association féminine Tighri N’tmettouth, (le cri de la femme).

La présence des femmes dans l’Armée de Libération nationale, si minoritaire fut-elle, n’en a pas moins constitué une référence essentielle tout au long du combat des femmes algériennes pour leur émancipation. Alors que toutes les composantes du mouvement national exigeaient le respect du statut personnel traditionnel, cette présence a valorisé une symbolique de l’égalité des sexes et fourni aux mouvements des femmes depuis l’indépendance, un contingent de militantes aussi prestigieuses qu’intraitables sur le droit des femmes. C’est parmi les moudjahidate que naquit la revendication d’une organisation propre aux femmes que le pouvoir a concédée, d’autant mieux qu’elle servait son image de pays progressiste à l’extérieur du pays. L’UNFA est créée, mais elle sera rapidement mise au pas. Elles ont été, malgré leurs limites, à l’origine d’un travail d’alphabétisation, de sensibilisation sur la contraception... C’est autour de quelques-unes d’entre elles que s’organisaient les premières batailles, comme celle qui permit, en 1966, le rejet du premier projet de code de statut personnel inspiré de la charîa traditionnelle.

Elles seront aussi partie prenante de toutes les mobilisations, du printemps 1973 aux rassemblements de 1981, des coordinations de 90 aux actions les plus récentes.

La révolte des femmes scolarisées
La scolarisation massive des filles bouleverse la routine traditionnelle. Les familles traditionnelles encouragent l’instruction des filles. Des centaines de milliers de lycéennes et d’étudiantes circulent dans un espace public où leur présence contrevient aux règles non écrites de la société patriarcale rigoriste. Elles se heurtent à l’agressivité des passants, mais elles protestent contre le harcèlement sexuel dans les transports, elles imposent leur présence dans certains cafés, elles développent des solidarités autour de détresses personnelles. La mixité était réelle dans la majorité des écoles, collèges, lycées et dans les universités. Des enseignantes universitaires se révoltent contre leur exclusion des attributions de logement de fonction et leur maintien dans des chambres d’étudiantes.

Au printemps 1973, un collectif étudiant rassemble une centaine de femmes à l’Université d’Alger contre un projet de code de la famille. En janvier 1981, un rassemblement de 900 femmes dans un amphithéâtre de l’Université d’Alger obtient le retrait de l’autorisation de sortie du territoire, par un père ou un mari. D’autres rassemblements et coordinations se succédèrent jusqu’en décembre de cette année-là. Parmi les scolarisées, l’heure était à la révolte, au rejet de l’enfermement, des traditions... Le même phénomène est observé dans l’émigration, les jeunes femmes rejetant les mariages arrangés ou forcés et craignant une codification juridique qui aurait consacré l’oppression traditionnelle.

Des cercles aux collectifs
Une dizaine de cercles clandestins se constituent dans les principales villes en 1977, puis les activistes investissent des cadres officiels pour pouvoir agir publiquement. Le GTE (groupe de travail étudiant) de psychologie initie un ciné- club féminin à Alger, la section syndicale de sciences politiques organise un séminaire sur les droits des femmes, d’autres infiltrent une section de l’UNFA officielle... Des collectifs unitaires se constituent dans l’effervescence démocratique de 80 puis ce sont les rassemblements devant l’Assemblée nationale à l’automne 81, pour exiger le retrait du nouveau projet de code de la famille.

Les animatrices de ces protestations appartiennent à l’organisation communiste tolérée, le PAGS (Parti de l’avant-garde socialiste) et aux organisations clandestines de l’extrême-gauche trotskyste, principalement le GCR (Groupe communiste révolutionnaire) et l’OST (Organisation socialiste des travailleurs). Le soutien continu et déterminé des moudjahidate (anciennes de la guerre de libération), malgré leurs attaches politiques et parfois familiales avec les dirigeants du pays, a offert au mouvement un surcroît de légitimité et une protection précieuse.

Les divers noyaux constituaient un tissu commun, malgré les divergences politiques. Les revendications juridiques avancées par les moudjahidate (refus du tuteur, droit au travail, droit au divorce, mariage sans dot...) faisaient consensus.

Les lignes de partage étaient fluctuantes. Les trois tendances pouvaient s’opposer ou faire front selon :
la position par rapport au code de la famille, amendements pour la mouvance du PAGS, abrogation pour la mouvance des trotskystes ;
l’idée qu’au-delà des droits juridiques, il faut œuvrer à transformer les pratiques sociales et les mentalités, alors que l’OST se limitait à l’abrogation du code de la famille ; (Ils mobilisaient dans la perspective de la constituante souveraine sous le slogan : « le peuple doit décider ».)
le type d’action, travail de terrain, de proximité pour changer les pratiques sociales (mixité, pratique du sport, représentations des femmes dans les manuels scolaires, inégalité des salaires, discriminations professionnelles...) que partageaient les mouvances du PAGS et du GCR.

Le reflux
Après 82, le champ politique se ferme, c’est le reflux. Les collectifs féminins s’affaiblissent. Le code de la famille est adopté, l’été 84 sans réaction notable. Les noyaux militants survivent modestement. L’expérience du groupe Ahlam, qui organise des ciné-clubs féminins massifs et maintient un fonctionnement régulier, servira de modèle dans les années qui suivent. L’atelier ARFA, qui animera la revue Présence de femmes, est installé la même année. Une année plus tard, l’Association pour l’égalité devant la loi entre les femmes et les hommes est proclamée. Ces différents noyaux maintiennent la célébration du 8 mars qui rassemble encore des centaines de femmes. Dans cette phase de reflux, deux phénomènes vont contribuer à former une nouvelle génération de militantes féministes : les ciné-clubs féminins et le mouvement syndical étudiant autonome.

Contre la montée intégriste
Au lendemain de la révolte populaire du 5 octobre 1988, le mouvement féministe s’engouffre dans l’ouverture politique. Les tentatives d’unifier les associations se heurtent à la volonté d’indépendance des familles politiques. L’association pour l’égalité devant la loi entre les hommes et les femmes, dite Egalité, l’association de défense et promotion des droits des femmes, dite Promotion et l’association pour l’émancipation de la femme dite Emancipation. Les associations se créent plus massives qu’hier. L’association pour l’émancipation de la femme (AEF) rassemble près de 7000 femmes lors de la marche du 8 mars 1989 et essaime à travers une demi-douzaine de villes. Mais bientôt va se profiler une immense vague rétrograde qui submerge les quartiers populaires. La campagne contre « les femmes qui demandent quatre maris » et le discours misogyne sont l’essentiel du message du FIS. Et le mouvement se divise encore dans l’approche de cette adversité.

La floraison d’initiatives pour le droit des femmes se transforme bientôt en cadre de résistance contre l’intégrisme. En novembre 89, une rencontre nationale regroupe toutes les associations et débouche sur la mise en place d’une coordination régulière. En décembre un rassemblement de trois mille femmes provoque l’appel d’El Daâwa à faire marcher les femmes. 25 000 personnes au centre d’Alger qui effraient la capitale.

Les femmes ne baissent pas les bras. Le 8 mars 90, 2500 femmes sortent en manifestation, de l’Afrique, pour finir à 20 000 devant l’Assemblée nationale. L’AEF est au cœur d’un processus d’alliances, le forum démocratique, qui tourne court.

Face à l’hégémonie intégriste
Le raz-de-marée du FIS aux élections locales du 12 juin 90 met fin à cette dynamique. Désormais surmédiatisées, les associations féminines ne regroupent plus autant de monde. L’arrêt des élections en janvier 92 divise les rangs entre celles qui rejoignent le CNSA contre le danger intégriste et celles qui prônent l’autonomie des partisans de la démocratie. A mesure que la décennie devient sanglante, les féministes d’hier se divisent entre les éradicateurs et les réconciliateurs. Il s’agit de s’opposer au diktat vestimentaire des intégristes, de dénoncer les viols collectifs et la terreur misogyne.

Les réconciliatrices s’expriment plutôt sur des thèmes démocratiques d’opposition, notamment à l’étranger. L’opposition au code de la famille, demeurant le trait d’union de toutes. Les ateliers sur le code de la famille, proposés par la ministre de la Solidarité nationale et de la Famille, Mme Mechernène, impliquent la plupart des associations présentes dans le pays et débouchent sur une démarche d’amendements. L’hésitation du gouvernement à affronter le conservatisme dominant, à la veille d’échéances électorales, conduit ces associations à mener campagne de façon autonome pour 22 amendements. D’autres, comme l’AEF, ont conservé la revendication d’abrogation sans se désintéresser des questions soulevées par les amendements.

Il était difficile dans ce contexte dramatique d’exprimer un discours féministe autonome. Ce fut l’ambition du rassemblement « Agir ensemble » qui regroupa, vers la fin des années 90, la plupart des associations présentes dans le pays dans leur diversité. Mais cette réaffirmation identitaire des militantes féministes ne constituait pas un cadre de rassemblement de masse. En 1999, l’examen du rapport Algérie dans le cadre de la CEDA West a été l’occasion de faire un bilan équilibré loin des schématismes.

La problématique des travailleuses
La scolarisation massive des filles, depuis l’indépendance, a produit l’entrée massive des femmes sur le marché du travail. Une femme sur trente travaillait en 1966, souvent avant le mariage ou après le divorce. Près d’une femme sur six travaille en 2009. Un juge sur trois, la moitié des personnels de l’éducation et de la santé et 40% de l’administration sont des femmes. Le code de la famille apparaît terriblement anachronique, alors que la Constitution et le reste de la législation proclament l’égalité. Cette irruption déstabilise la férule patriarcale radicalisée par la vague intégriste.

La proportion importante de femmes diplômées dans une société qui demeure patriarcale produit des effets pervers qu’on désigne pudiquement par la surqualification des femmes au poste occupé. La libéralisation de l’économie multiplie les contrats temporaires, et le travail au noir devient majoritaire. La CNFT-UGTA, commission nationale des femmes travailleuses de la centrale syndicale, multiplie les initiatives et les campagnes autour des questions centrales que sont désormais le harcèlement sexuel, le droit à la formation et à la promotion, la liberté d’accéder à la responsabilité politique, syndicale ou administrative et obtient la criminalisation du harcèlement sexuel par un amendement au code pénal.

En 2005, une série d’amendements au code de la famille reconnaissent l’apport économique de la femme et suppriment l’obéissance au mari. Mais son architecture demeure inégalitaire, malgré les quelques petits progrès pratiques sur le plan du mariage de la tutelle ou du divorce. Les femmes accèdent à de nouveaux métiers, à de nouvelles responsabilités et, en novembre 2009, un amendement constitutionnel impose une présence des femmes dans les institutions élues. Les femmes sont de plus en plus visibles et mêmes incontournables, mais les pratiques sociales sont encore très en retard.

Des études sur la réalité des femmes, des campagnes contre la violence à l’égard des femmes sont menées par des associations, des collectifs et des institutions. CNFT, Réseau Wassila, FEC, SOS femmes en détresse, AEF, Ciddef, Crasc, Cread, Cneap ... Un demi-siècle après l’indépendance, la légitimité du mouvement des femmes pour leurs droits juridiques sociaux et politiques est immense. Mais le chemin qui reste à parcourir est lui aussi immense.

S. S. : Militante féministe et syndicaliste

Abréviations :

AEF : Association pour l’émancipation de la femme
UNFA : Union nationale des femmes algériennes
CIDDEF : Centre de documentation et d’information sur les droits des enfants et des femmes
CRASC : Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle
CREAD : Centre de recherche en économie et développement
CNEAP : Centre national d’études et d’analyses pour la planification
CNFT-UGTA : Commission nationale des femmes travailleuses de l’Union générale des travailleurs algériens
ARFA : Atelier de recherche sur les femmes algériennes
CNSA : Comité national de sauvegarde de l’Algérie
P AGS : Parti de l’avant-garde socialiste
GCR : Groupe communiste révolutionnaire
OST : Organisation socialiste des travailleurs
FIS : Front islamique du salut




Par Soumia Salhi

_________________
On ne naît pas femme, on le devient (Simone de Beauvoir)


http://manar-buchladen.over-blog.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://nedjma.canalblog.com/
Belle Ancolie
SuperFemme en action
avatar

Nombre de messages : 2413
Age : 61
Localisation : Sur l'île du Bonheur
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: 8 Mars: Journée internationale de la femme   Sam 6 Mar - 15:59

Merci Nedjma.

FEMMES

Imaginez pouvoir réunir deux femmes qui n'ont pas pu se croiser dans le temps ou dans l'espace. Imaginez un dialogue entre Jeannette Bertrand et la missionnaire Jeanne Mance. Vous pouvez être certaine que cette rencontre se ferait autour d’une table où l’on y retrouverait des pionnières du passé et du présent. Comme, la romancière Germaine Guèvremont, les journalistes Françoise Gaudet-Smith et Judith Jasmin, la militante féministe Thérèse Forget-Casgrain, l'artiste de variétés Rose Ouellette, dite La Poune, la syndicaliste Simonne Monet-Chartrand,

Le Québec a eu son lot de féministes mais bien au-delà de celles qui se sont démarquées il y en a toujours eues, derrière chaques portes de maisons, sur les galeries, dans les ruelles et sur la rue, peut-être à cause de leur passé de pionnières qui les a rendues fortes elles ont gardées leurs manches retroussées et prêtes à faire combat.

Malgré tout, si longtemps muselées, nos ancêtres, nos mères... Les femmes répertoriées au Québec ont la particularité d'être à peu près toutes des pionnières dans leur domaine. I y a eu la première professeure au monastère des Ursulines de Québec: Charlotte Barré (1648). Première sainte du Canada: Marguerite Bourgeoys (établie à Montréal en 1643, canonisée en 1982). Première Amérindienne déclarée vénérable: Kateri Tekakwitha (née en 1656, déclarée vénérable en 1943). Première scénariste du premier long métrage parlant canadien: Laurette Larocque-Auger pour Le Père Chopin (1944). Et encore plus.

La place à laquelle la femme aspire n’est pas la place de l’homme comme certains faux prophètes le proclament avec un manque total de compréhension et de savoir, mais la sienne propre.

Pour terminer je vous dirai que le plus vieux métier du monde n’est pas comme tout à chacun le proclame, la prostitution, mais bel et bien la sage-femme.

Belle Ancolie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://belleancolie.site.voila.fr/
Belle Ancolie
SuperFemme en action
avatar

Nombre de messages : 2413
Age : 61
Localisation : Sur l'île du Bonheur
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: 8 Mars: Journée internationale de la femme   Sam 6 Mar - 22:17

HOMMAGE À DES FEMMES QUI ONT LAISSÉE LEUR TRACE.

DANS LE MONDE;

Evita Perón, Première Dame d’Argentine
http://www.femmescelebres.com/evita-peron-premiere-dame-dargentine/

Frida Kahlo, la peintre émancipée
http://www.femmescelebres.com/frida-kahlo-la-peintre-emancipee/


Helen Keller, une « surfemme »
http://www.femmescelebres.com/helen-keller-une-surfemme/

Charmian Kittredge et l’appel du grand Ouest
http://www.femmescelebres.com/charmian-kittredge-et-lappel-du-grand-ouest/

Pocahontas, une femme du Nouveau Monde
http://www.femmescelebres.com/pocahontas-une-femme-du-nouveau-monde/

Anne Frank, un journal pour l’Histoire
http://www.femmescelebres.com/anne-frank-un-journal-pour-lhistoire/

Catherine de Médicis, la reine politicienne
http://www.femmescelebres.com/catherine-de-medicis-la-reine-politicienne/

Coco Chanel, toujours à la mode
http://www.femmescelebres.com/coco-chanel-toujours-a-la-mode/

Virginia Woolf, la révolution moderniste
http://www.femmescelebres.com/virginia-woolf-la-revolution-moderniste/

Mère Teresa, une missionnaire de la charité
http://www.femmescelebres.com/mere-teresa-une-missionnaire-de-la-charite/

Agatha Christie, l’écrivain typiquement anglaise
http://www.femmescelebres.com/agatha-christie-lecrivain-typiquement-anglaise/

Hélène Boucher : La Femme Pilote
http://www.femmescelebres.com/helene-boucher-la-femme-pilote/

AU QUÉBEC;

Marie Gérin-Lajoie Activiste sociale
http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/biographies/324.html

Thérèse Casgrain
http://www.education.mcgill.ca/EDEE-382B-01/sabourin/theresecasgrain.htm

Madeleine Parent Syndicaliste
http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/biographies/185.html

Bertrand, Janette
http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0009316

Dr.Lucille Teasdale
http://franco.ca/edimage/grandspersonnages/fr/carte_b06.html

LAURE CONAN Première femme auteure
http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurC/conan_l/conan.HTML

PETITS PAS DE FEMMES QUI LES ONT MENÉS LOIN DANS LA QUÊTE DE LIBERTÉ.

1900
Fondation des Caisses populaires Desjardins : Dorimène Roy Desjardins est co-fondatrice avec son mari Alphonse des Caisses populaires Desjardins. « Sans elle, reconnaissons-le, les caisses populaires Desjardins n’existeraient probablement pas.

1902 – 1909
Le Journal de Françoise, fondé par Robertine Barry une des premières femmes canadiennes-françaises journaliste, elle était déjà chroniqueuse au journal La Patrie de Montréal. Avant-gardiste « Françoise approuve sans équivoque — et elle fut sans doute la première à le faire au Québec — la décision de nombre de femmes et de jeunes filles de ne plus vivre au crochet de leur époux ou de leur famille et de quitter le foyer pour gagner elles-mêmes ce dont elles ont besoin pour vivre. » Féministe et visionnaire, en 1895, elle écrivait dans une chronique portant sur l’accès des femmes à l’université : « Patience, pourtant, cela viendra. Je rêve mieux encore, je rêve, tout bas, que les générations futures voient un jour, dans ce XXe siècle qu’on a déjà nommé “ le siècle de la femme ”, qu’elles voient, dis-je, des chaires universitaires occupées par des femmes. »

1903
Eva Circé-Côté (1871-1949) fonde la Bibliothèque municipale de Montréal, après de nombreuses démarches auprès des autorités municipales et malgré les réticences de l’archevêque Mgr Bruchési. D’abord une bibliothèque technique sise au Monument national dont elle est la première conservatrice, plus tard, elle en sera bibliothécaire adjointe avec Hector Garneau.

5 septembre 1903
Irma Levasseur [1878-1964] obtient l’autorisation d’être admise au Collège des médecins et chirurgiens du Québec grâce à un projet de loi [bill privé] émanant d’un député de l’Assemblée législative du Québec. Elle est la première Canadienne française habiletée à pratiquer la médecine au Québec, elle se tourna alors vers la pédiatrie, science à peu près inconnue chez nous. Aucune de nos facultés de médecine n’admettait les femmes, elle dut aller étudier à l’université Saint-Paul du Minnesota aux États-Unis. Irma Levasseur est à l’origine de l’hôpital Sainte-Justine de Montréal avec madame Justine Lacoste-Beaubien et en 1923, avec deux collègues, elle fonde l’hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec.

1912
L’Assistance maternelle : devant l’absence de secours aux mères nécessiteuses, une femme, Caroline Leclerc-Hamilton, démarre l’Assistance maternelle. L’œuvre veut soigner et secourir la mère pauvre, avant, pendant et après la naissance de son enfant. En 1936, cette œuvre donne des soins à 4 294 mères accouchées.

1916
Eva Circé-Côté (1871-1949) est journaliste à l’hebdomadaire des syndicats internationaux, Le monde ouvrier dès sa fondation. Dans ses chroniques, sous le pseudonyme de Julien Saint-Michel, elle critique l’administration municipale, dénonce les injustices économiques et sociales, fait la promotion de la formation professionnelle pour les filles et les garçons, réclame le suffrage féminin, l’amélioration de la condition des femmes et fustige le racisme.

1921
Le Comité provincial du suffrage féminin fondé par Marie Gérin-Lajoie et madame Walter Lyman rassemble des femmes francophones et anglophones pour prendre la relève de la Montreal Suffrage Association. Thérèse Casgrain devient lors de sa fondation un des piliers du mouvement féministe dans la lutte pour le droit de vote des femmes au provincial. La lutte sera longue et rude car les suffragettes se heurtent constamment à l’opposition des autorités civiles et religieuses.

1927
Il y a scission au sein du Comité provincial pour le suffrage féminin (1921). Naît alors l’Alliance canadienne pour le vote des femmes au Québec, avec à sa tête, Idola Saint-Jean. En 1928, Thérèse Casgrain devient la présidente du Comité provincial et en 1929, elle lui donne le nom de Ligue des droits de la femme

18 décembre 1932
En pleine crise économique, Yvonne Maisonneuve ouvre une maison sur la rue Fairmount à Montréal, un « lieu de dépannage immédiat et inconditionnel » où elle accueille filles et femmes en difficultés ou en détresse. Son oeuvre incorporée le 28 février 1936 sous le nom de Notre-Dame de la Protection est devenue aujourd’hui l’association d’entraide Le Chaînon. Aujourd’hui, en 1999, Le Chaînon, au 4373 avenue de l’Esplanade, est encore « un de ces lieux de dernier recours qui accueille sans les juger les laissées-pour-compte de la société québécoise ». Depuis sa création en 1932, le Chaînon a soutenu quelque soixante mille femmes.

13 janvier 1942
Elizabeth Carmichael Monk et Suzanne Raymond-Filion deviennent les deux premières Québécoises à figurer au tableau de l’Ordre du barreau du Québec. Elles seront suivies le 11 juillet 1942 par Marcelle Hémond et Constance Garner Short. Le barreau ayant maintenu l’exigence du baccalauréat ès arts pour ses membres, il écartait toutes celles qui n’avaient pas eu la possibilité de faire leur cours classique et Annie Macdonald Langstaff, la pionnière des premières batailles en 1914, n’aura que la satisfaction du devoir accompli pour la suite du monde. Au cours des dix premières années d’application de la loi, 26 femmes entrent dans ce cénacle. Aujourd’hui, en 1999, le barreau du Québec compte 7 076 femmes parmi ses membres, soit une proportion de 39,6 %. Toutes cours confondues, les femmes n’occupaient que 15 % des postes de juges au Québec en 1998.

30 novembre 1948
Yvette Brind’Amour et Mercedes Palomino, artistes et femmes d’affaires, fondent le Théâtre du Rideau Vert, premier théâtre permanent au Québec. Après plusieurs années d’itinérance, la troupe du Rideau Vert s’installe dans une petite salle à l’angle des rues Saint-Denis et Gilford : le Stella. Passionnées de théâtre, elles osent la création de premières œuvres : certaines révolutionneront la dramaturgie comme ce fut le cas des Belles-Sœurs de Michel Tremblay.

1962
Alice Girard (1907–1er janvier 1999) est la première femme à assurer un poste de doyen à l’Université de Montréal. Fondatrice et première doyenne de la faculté des sciences infirmières de cette université, elle en a assuré la direction de 1962 à 1973. Docteure honoris causa de l’Université de Toronto et de l’Université de Montréal, elle fut la première Canadienne à présider le Conseil international des infirmières à Genève.

1971
À l’occasion du 8 mars, le Front de Libération des femmes lance une campagne nationale en faveur de l’avortement libre et gratuit.

1973
Création du Conseil du statut de la femme (CSF) par le gouvernement du Québec, à la suite des demandes du mouvement des femmes. Onze bureaux régionaux desservent l’ensemble du territoire québécois. Depuis sa création le conseil produit des rapports qui analysent tous les aspects de la condition féminine et des avis qui orientent les politiques gouvernementales pour améliorer les conditions de vie des femmes : développement des services de garde à l’enfance, services d’interruption de grossesse, égalité juridique des époux, fiscalité, formation, autonomie économique des femmes, équité salariale, etc. Se sont succédé au poste de présidente : mesdames Laurette Champigny-Robillard, Claire Bonenfant, Francine C. McKenzie, Marie Lavigne, Thérèse Mailloux (présidente par intérim) et en 1996, Diane Lemieux.

23 septembre 1974
32 femmes de tous les coins du Canada arrivent à l’École de la GRC [Gendarmerie royale du Canada] pour former la première troupe de membres régulières depuis la création de la Gendarmerie. Cette décision faisait suite aux recommandations de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada. La première tunique rouge (tenue de cérémonie) remise aux membres féminins était assortie à une jupe, des souliers à talons hauts et à un sac à bandoulière. Depuis 1989 les membres régulières portent le même uniforme que les hommes : stetson, tunique rouge, culotte marine, bottes longues et ceinturon-baudrier.

1975
L’Organisation des Nations Unies déclare 1975 Année internationale de la femme ; au Québec, l’adoption de la Charte des droits et libertés de la personne interdit officiellement, pour la première fois, toute discrimination fondée sur le sexe.

1976
Les Éditions du Remue-Ménage sont fondées en 1976. L’idée est lancée en août 1975 par un groupe de militantes constitué de Louise Toupin, Raymonde Lamothe, Claire Brassard, Sylvie Dupont, Louise Vandelac, Catherine Germain, Nicole Lacelle et Lise Nantel. « Elles sont déjà engagées dans des groupes militants, certaines au sein du FLF, d’autres au Centre des femmes, d’autres encore au sein du Comité de lutte pour l’avortement. Ce sont là les racines des fondatrices des Éditions du Remue-Ménage. Le premier lancement a lieu à l’occasion du 8 mars 1976 pour la publication de la pièce Môman travaille pas, a trop d’ouvrage

1977
La notion d’autorité parentale remplace celle de puissance paternelle qui disparaît du Code civil. Avant cette date, la signature de la mère n’était pas requise juridiquement pour toutes les décisions relatives aux enfants. Disparaît aussi la notion d’enfants illégitimes

1979
Claire L’Heureux-Dubé est la première femme nommée juge à la Cour d’appel du Québec. En 1987 elle sera nommée à la Cour suprême du Canada.

22 juillet 1981
Une loi provinciale donne aux femmes le droit d’accès à la plupart des tavernes, car les débits établis avant 1979 conservent toujours le privilège de refuser l’accès aux femmes dans leur établissement. L’admission des femmes est finalement élargie à toutes les tavernes en 1986.

8 novembre 1982
Fondation du Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT) grâce aux efforts de Lise Doyle. Organisme de sensibilisation et de concertation, il réunit des femmes ou des groupes qui travaillent à promouvoir l’accès des femmes au travail et l’autonomie financière des femmes par le biais du travail. L’organisme est incorporé le 16 décembre 1982 et élit son premier conseil d’administration à son congrès de fondation en janvier 1984. Les efforts du CIAFT ont permis la mise en place de programmes d’accès à l’égalité qui facilitent l’embauche des femmes dans les métiers non traditionnels.

1983
Le gouvernement canadien adopte le projet de loi C-127. Jusqu’à cette date, les tribunaux rejetaient les plaintes de viol portées par une femme contre son mari, cautionnant de la sorte un droit de propriété que le mariage accorderait à l’homme sur le corps de sa femme sous le couvert du « devoir conjugal ». Les modifications au Code criminel reconnaissent la notion de viol entre époux.


11 novembre 1983
Dana Zwonok, « une mystérieuse dame en noir provoque un émoi en déposant, pendant la cérémonie du Souvenir, Carré Dominion à Montréal, une couronne de fleurs : “ Pour toute femme violée en temps de guerre / For every woman raped in war ”

15 avril 1987
La juge Claire L’Heureux Dubé devient la première femme québécoise à accéder à la Cour suprême du Canada. Native de Québec, elle avait été nommée à la Cour supérieure du Québec en 1973 et à la Cour d’appel en 1979.

1988
Lorraine Pagé est élue présidente de la CEQ [Centrale de l’Enseignement du Québec]. Première présidente de l’Alliance des professeurs de Montréal de 1985 à 1988, élue présidente de la CEQ en 1988; c’est la première femme à occuper ce poste. Militante infatigable, Mme Pagé défend les intérêts des membres de la CEQ depuis bientôt 10 ans.

6 décembre 1989
Tuerie à Polytechnique. Un homme âgé d’une vingtaine d’années, Marc Lépine, entre à l’École polytechnique de Montréal et abat quatorze étudiantes. « Vous êtes des filles, vous allez être des ingénieures. Vous êtes une gang de féministes. J’haïs les féministes! » crie l’assassin avant de commencer à tirer. « Nous ne devons pas oublier que c’est ce cri-là qui a servi à organiser sa folie meurtrière, et que ce n’est pas par hasard qu’il s’est justement rendu dans cette prestigieuse école. » Ces événements « feront prendre conscience à beaucoup de femmes que les progrès accomplis ne font pas plaisir à tout le monde » Chaque année, à cette date, au Québec et à travers le Canada, les associations et groupes de femmes organisent des journées d’études, des colloques et des cérémonies de commémoration pour réfléchir sur les violences faites aux femmes, qu’elles soient domestiques, professionnelles ou sociales.

12 juin 1990
La journaliste Lise Bissonnette est nommée directrice du prestigieux quotidien montréalais Le Devoir.

22 juin 1995
Lucille Teasdale est décorée de l’Ordre national des québécois par le Premier ministre du Québec Jacques Parizeau. L’état du Québec reconnaît ainsi le courage et la ténacité exceptionnels de cette Québécoise, docteur en médecine et chirurgienne. Avec son mari, le docteur Pietro Corti, elle consacra 35 ans de sa vie à la chirurgie et l’enseignement dans un hôpital de Gulu situé dans une région du nord de l’Ouganda. Dans des conditions souvent difficiles, elle pratiqua des dizaines de milliers d’opérations et demeura sur place malgré les guerres qui sévissaient dans ce pays. Elle fut par la suite nommée « Associée honorable » du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, association professionnelle qui récompense normalement des contributions exceptionnelles dans l’enseignement et dans la recherche. Pour la première fois le Collège décernait cet honneur à un chirurgien pour des raisons humanitaires. Elle meurt le 1er août 1996 du SIDA, maladie qu’elle avait contractée en opérant des blessés porteur du VIH.


1996
Loi sur l’équité salariale : projet de loi no 35 présenté le 15 mai 1996 et adopté et sanctionné le 21 novembre 1996. Le gouvernement réalise une des promesses faites aux femmes lors de la marche de juin 1995. Les associations patronales par de multiples représentations se sont opposées avec vigueur à l’adoption de cette loi. La présente loi entrera en vigueur le 21 novembre 1997 sauf les dispositions relatives à l’institution de la Commission de l’équité salariale [Chap. V] qui entre en vigueur dès l’adoption de la loi [Éditeur officiel du Québec, 1996]. La loi crée des obligations aux entreprises comptant dix employées/és et plus. Ces entreprises sont tenues de corriger les écarts salariaux dus à la discrimination systémique fondée sur le sexe selon les dispositions de la loi qui comprend 134 articles.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://belleancolie.site.voila.fr/
momolulu
SuperFemme en action
avatar

Nombre de messages : 16957
Age : 63
Localisation : FRANCE
Date d'inscription : 16/03/2007

MessageSujet: Re: 8 Mars: Journée internationale de la femme   Sam 6 Mar - 23:22

Merci Nedjma et Belle, pour toutes ces femmes!!!Chère
Elles ont marqué le temps et ont montrer beaucoup de courage!!!Chère
Je viens de parcourir tout ces résumés et je m'y replonge demain, promis!!! console

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: 8 Mars: Journée internationale de la femme   

Revenir en haut Aller en bas
 
8 Mars: Journée internationale de la femme
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Journée Internationale de la Femme - Villefontaine
» 3 décembre : Journée Internationale des personnes handicapées
» Journée Internationale des casques bleus
» journée internationale de la pipe
» Le 5 décembre, journée internationale du ninja

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Femmes en action :: Femmes d'action :: Traditions, sexualité et histoire du Maghreb et du Monde-
Sauter vers: