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 Plus de 100 000 morts, selon le premier ministre haïtien

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Tulipe Noire
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MessageSujet: Plus de 100 000 morts, selon le premier ministre haïtien   Mer 13 Jan - 19:03

Plus de 100 000 morts, selon le premier ministre haïtien
LEMONDE.FR avec AFP, Reuters et AP | 12.01.10 | 23h36 • Mis à jour le 13.01.10 | 18h40

AFP/LISANDRO SUERO
Des habitants viennent au secours d'une femme piégée par les décombres, dans un quartier de Port-au-Prince, le 12 janvier.
Aucun bilan officiel n'était encore disponible, mercredi, au lendemain du séisme de magnitude 7 qui a dévasté Haïti mardi à 16 h 53 (22 h 53 à Paris), mais l'île s'attend à un bilan humain effroyable, selon le président René Préval, qui a dit redouter des milliers de morts. Un peu plus tard, son premier ministre a cité un chiffre d'une ampleur incomparable : plus de 100 000 morts, sur une population de quelque 10 millions d'habitants.




Portfolio Haïti : bilan incertain, mais probablement des "dizaines de milliers de victimes"
"Il est difficile d'évaluer précisément le nombre de victimes. Combien de constructions, combien de bâtiments se sont effondrés. Avec les habitants à l'intérieur, je pense qu'on est bien au dessus de 100 000", a déclaré Jean-Max Bellerive sur CNN. "J'espère que ce n'est pas vrai parce que j'espère que les gens ont eu le temps de sortir. Mais tellement, tellement de bâtiments, tellement de quartiers ont été totalement détruits, et dans certains quartiers, on ne voit même plus personne, donc je ne sais pas où sont ces gens", a-t-il poursuivi.

René Préval, qui s'exprimait pour la première fois en public dans le quotidien américain Miami Herald, a qualifié les scènes dont il a été témoin d'"inimaginables". Les photos publiées, notamment via Twitter, témoignent de l'importance des dégâts. Plusieurs ministères ont été gravement endommagés, alors que des hôpitaux, des hôtels et des écoles se sont écroulés. "Le Parlement s'est effondré. Des hôpitaux se sont effondrés. Certaines écoles sont remplies de cadavres", a déclaré M. Préval, avant d'appeler la communauté internationale à l'aide.

LES SECOURS S'ORGANISENT

L'aéroport de Port-au-Prince, qui avait été fermé, était à nouveau opérationnel mercredi vers 15 h 30 (heuere de Paris), pour accueillir les secours. La Croix-Rouge, qui se prépare à venir en aide "à un maximum de 3 millions de personnes", estime que la catastrophe "nécessite une opération d'aide internationale massive".

Dans une intervention solennelle depuis la Maison Blanche, le président Barack Obama a déclaré que des équipes américaines de secours arriveraient dans les prochaines heures dans ce pays, situé à quelques centaines de kilomètres au sud des côtes américaines. Il a ajouté que les Etats-Unis organisaient l'aide et allaient fournir très rapidement médicaments et vivres. Le Canada a pour sa part annoncé l'envoi immédiat d'une aide humanitaire d'urgence pouvant atteindre jusqu'à 5 millions de dollars canadiens (4,8 millions de dollars américains).

Les Nations unies ont annoncé qu'elles allaient lancer un appel international pour l'aide aux victimes. Le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, a annoncé dans un communiqué avoir demandé au personnel de l'institution d'étudier "toutes les possibilités" pour aider Haïti. "Nous nous coordonnerons avec les autres agences internationales, et mobiliserons nos moyens d'assistance aussi vite que possible", a-t-il promis. C'est une "tragédie pour Haïti (...) et pour les Nations unies", a également déclaré mercredi matin à l'ONU le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. L'ONU va lancer un appel pour l'aide aux victimes.

LA FRANCE ENVOIE DES SAUVETEURS

En France, l'Etat et les organisations humanitaires se mobilisaient mercredi. Un total de 130 sapeurs-pompiers ou sauveteurs français et 6 chiens auront rejoint la capitale haïtienne Port-au-Prince "au plus tard dans les 24 heures", selon la Sécurité civile française. Un second détachement comptant 65 hommes devait décoller de la base d'Istres (Bouches-du-Rhône) en début de soirée dans un avion venant de Paris, affrété par le Quai d'Orsay.

Les ONG, qui tentaient d'évaluer l'ampleur des besoins, se mobilisaient elles aussi pour envoyer des moyens sur place, et lançaient des appels aux dons. Parmi elles, Médecins sans frontières, qui a déjà accueilli 600 blessés dans ses centres de soins à Port-au-Prince, va envoyer dans la soirée un hôpital gonflable d'une capacité de 100 lits. Pour le Secours catholique, les fonds levés grâce à son appel aux dons permettront de "financer les premières aides aux sinistrés, puis dans un second temps la nécessaire reconstruction". Comme ses homologues, l'ONG tentait dans la matinée d'évaluer les "premiers besoins essentiels et adéquats" des populations sur place. Selon Action contre la faim, "il est encore extrêmement difficile d'évaluer les dégâts à Port-au-Prince".


D'AUTRES SÉISMES POSSIBLES


Des véhicules de la police haïtienne, des Nations unies et de la Croix-Rouge tentaient de transporter des blessés, mais les maisons détruites bloquent la circulation. Autre difficulté pour les secours : les moyens de communication téléphonique ont été sérieusement affectés, et l'électricité a été coupée dans toute la ville. Le lycée français d'Haïti a résisté et sert de refuge à ses élèves ainsi qu'à de nombreux voisins venus s'y abriter.
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Tulipe Noire
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MessageSujet: Re: Plus de 100 000 morts, selon le premier ministre haïtien   Ven 15 Jan - 11:31

Le monde se mobilise pour secourir Haïti

C.J. (lefigaro.fr) avec AFP
14/01/2010 |
Les secours vont avoir à gérer, comme au moment du tsunami en Asie du sud-est, un puissant afflux humanitaire. Crédits photo : AFP
D'énormes moyens militaires et des dizaines d'équipes de secouristes ont été dépêchés des quatre coins du globe pour venir en aide aux victimes du séisme. Principal défi désormais : coordonner au mieux les secours.

Les capitales du monde entier répondent à la détresse d'Haïti. D'énormes moyens militaires et des dizaines d'équipes de secouristes convergent vers l'île mise à genoux par le séisme de mardi. Se pose désormais la question de la coordination des secours dans un pays où les hôpitaux, les autorités, l'ONU et les ONG présentes sur place ont été durement frappés par le tremblement de terre et peinent à faire face à la situation.

La Croix Rouge américaine a ainsi annoncé que sa branche haïtienne est à court de fournitures médicales. Scénario similaire pour Médecins sans frontières. Quant à la mission de l'ONU en Haïti (Minustah), elle a payé un lourd tribut à la catastrophe. Au moins 36 de ses employés (militaires et civils) ont été tués dans l'effondrement de ses bâtiments et environ 200 autres sont portés disparus. Ces pertes font planer le doute sur la capacité de la Minustah à assurer la sécurité des secouristes à Haïti, où les gangs criminels sont très actifs. Le chaos fait craindre une augmentation de la violence et des pillages. Des incidents sont déjà signalés dans la capitale, notamment dans les ruines des supermarchés.

Les secours vont aussi avoir à gérer, comme au moment du tsunami en Asie du sud-est, un puissant afflux humanitaire. En 2004, la venue incontrôlée de milliers de secouristes avait accru la confusion ambiante. Afin de coordonner au mieux les efforts humanitaires, l'ONU va envoyer une équipe ad-hoc sur place, qui répartira les secours par nationalité sur les chantiers. Elle sera dirigée par le sous-secrétaire général aux opérations de paix de l'ONU, le guatemaltèque Edmond Mulet.


L'aéroport saturé

Tirant les leçons de 2004, les principales organisations humanitaires vont harmoniser leurs efforts et travailler sous l'égide des agences de l'ONU, selon la règle du «cluster system» (système d'amas, ndlr). Dans cette organisation, l'OMS assure la coordination dans le domaine de la santé, le haut-commissaire aux réfugiés ou la Croix-Rouge est en charge des abris et le PAM (programme alimentaire mondial) préside aux distributions de nourriture. Il va expédier dans un premier temps 86 tonnes en Haïti. Sur le plan financier, la Banque mondiale et le FMI ont chacun promis 100 millions de dollars. L'ONU a sorti en urgence 10 millions de dollars.

Les défis logistiques sont immenses. La tour de contrôle de l'aéroport de Port-au-Prince ne fonctionne pas, ce qui contraint les avions d'aide à atterrir à vue. Une des priorités va donc être de remettre en marche l'infrastructure. En attendant, l'espace aérien haïtien est d'ores et déjà saturé, plusieurs appareils étant contraints de tourner au-dessus de la ville en attendant de pouvoir se poser. Le gouvernement haïtien a donc demandé jeudi aux Etats-Unis, ainsi qu'à d'autres pays, de suspendre temporairement les vols vers Port-au-Prince. Le port étant également dévasté, les bâtiments de guerre américains ne peuvent pas approcher. Les Etats-Unis, qui se veulent à la pointe de la mobilisation, et la France, ont d'ores et déjà annoncé un renforcement de leur concertation. Le point sur les secours envoyés.


• Les Etats-Unis organisent une opération militaire d'envergure

Barack Obama a promis une action «rapide, coordonnée et énergique» et a débloqué une aide immédiate de 100 millions de dollars. Les premières équipes américaines sont arrivées sur le terrain dès mercredi après-midi et deux avions cargo remplis d'aide ont atterri jeudi. Deux bâtiments des garde-côtes sont arrivés dans la baie de Port-au-Prince. Un porte-avions nucléaire, transportant des hélicoptères, y est attendu jeudi et Washington réfléchit à l'envoi d'un navire-hôpital. Enfin, le navire amphibie des Marines doté d'unités de soins, le Bataan, devrait partir, avec 2000 hommes à bord, dès que possible. Ces soldats pourraient être amenés, si nécessaire, à assurer la sécurité et aider la mission de l'ONU sur place.


• Mobilisation des pays du continent américain

Le Mexique dépêche trois avions et un navire-hôpital avec 70 tonnes de vivres et une centaine de sauveteurs, médecins et techniciens. Le Venezuela offre cinquante sauveteurs, des vivres et des médicaments. Le Brésil expédie 28 tonnes d'aliments et d'eau potable. Le Chili va envoyer 15 tonnes d'aide, du personnel médical et une équipe de sauveteurs, la Colombie et la République dominicaine une équipe de secouristes spécialisés, Cuba une aide médicale d'urgence. Le Canada envoie deux bâtiments militaires, des hélicoptères et des avions gros porteurs. Ottawa se dit prêt à rassembler 97 millions de dollars d'aide.


• La France envoie 400 membres de la Sécurité civile

Paris a dépêché d'Istres un Airbus A310 avec à bord une soixantaine de membres de la Sécurité civile. Trois avions de transport militaire emportant une cinquantaine de personnes et du 12 tonnes de matériel humanitaire sont arrivés de Martinique. Le dispositif va être complété avec l'envoi d'un hôpital de campagne, d'une soixantaine d'infirmiers, de 400 membres de la Sécurité civile et deux navires militaires, qui apporteront des équipements de terrassement et des hélicoptères Puma.

Bernard Kouchner a nommé un ambassadeur, Pierre Duquesne, «à la tête d'une cellule interministérielle chargée de coordonner la distribution» d'aide et les efforts à venir de reconstruction. Le secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet, va partir jeudi soir pour Haïti. Les trois avions militaires, qui acheminaient le matériel, ont ensuite évacué vers la Martinique plus de 80 Français blessés ou choqués. Une trentaine des sauveteurs français sont à pied d'œuvre dans les décombres du principal hôtel de Port-au-Prince. Cinq survivants ont été repérés.


• Des experts de toute l'Europe



Un secouriste espagnol vérifie la cage du chien qui va l'aider à fouiller les décombres. Crédits photo : AP
La Grande-Bretagne, qui va donner 6.9 millions d'euros, a prévu l'envoi d'experts, la protection civile italienne celui d'une équipe de secours, l'Espagne celui de quatre avions avec des équipes et du matériel de secours et Bruxelles celui d'un avion avec une soixantaine de sauveteurs est parti mercredi soir. L'Union européenne a octroyé une première aide de 3 millions d'euros. Le ministère russe des Situations d'urgence devait dépêcher un avion Il-76 avec à son bord 20 médecins ainsi qu'un hôpital de campagne aéroporté.


• L'Asie apporte son expérience

Un appareil d'Air China transportant des sauveteurs, des médecins, des sismologues et 10 tonnes de nourriture et de médicaments a débarqué à Port-au-Prince L'Indonésie, pays régulièrement touché par des catastrophes naturelles, va elle envoyer une équipe de 75 sauveteurs et soignants. Le Japon a débloqué 5 millions de dollars d'aide.

Du côté du Proche-Orient, la Jordanie, qui a perdu trois casques bleus dans la catastrophe, a envoyé un avion d'aide alimentaire et des médecins.
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momolulu
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MessageSujet: Re: Plus de 100 000 morts, selon le premier ministre haïtien   Sam 16 Jan - 10:06

Merci Tulipe, pour ce résumé. Nous sommes tous très touchés par ce drame effroyable. Chère
Haïti est un pays qui souffre depuis longtemps par la faute de ses anciens dirigeants.Chère
Aujourd'hui le monde entier se rend compte qu'il aurait dû intervenir dans le passé. C'est un peuple courageux, qui a déjà beaucoup subi et prions pour qu'il s'en sorte et que le ciel leur soit plus clément. Luter contre la nature est plus difficile que virer des dictateurs!!!
Chère

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melo-dy
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MessageSujet: Re: Plus de 100 000 morts, selon le premier ministre haïtien   Sam 16 Jan - 16:43

C est vraiment pas évident pour tout ces gens........ Shocked
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Tulipe Noire
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MessageSujet: Re: Plus de 100 000 morts, selon le premier ministre haïtien   Dim 17 Jan - 11:21

Haïti : le chagrin et la colère des rescapés

De notre envoyé spécial à Port-au-Prince, Tanguy Berthemet
15/01/2010 |REPORTAGE - Les survivants du séisme, qui ont passé leur quatrième nuit à la belle étoile, manquent de tout.

Dès le lever du jour, les habitants de Port-au-Prince se sont mis à marcher. De longues colonnes silencieuses ont commencé à parcourir les rues après une nuit rendue plus courte par les répliques qui secouent encore la capitale. Chaque fois un grand cri et un mouvement de panique accueillent la nouvelle saccade qui emporte les bâtiments les plus branlants.

La foule cherche de quoi se nourrir. Devant une échoppe du centre-ville, fermée comme tous les commerces, une file s'est formée. On annonce que la boutique va ouvrir. Quand ? Nul ne le sait. L'ouverture est sans doute l'une des multiples rumeurs qui parcourent les camps de réfugiés installés dans les moindres espaces dégagés de la capitale. D'autres partent alors, sac sur le dos, vers les quartiers les moins touchés. L'eau est une quête permanente. «C'est très dur. On n'a rien. Personne ne vient et on se demande qui va nous aider», se plaint Magdalena Jeudy, qui campe avec les siens dans les jardins de la résidence du premier ministre. Demain, elle aura fini ses dernières réserves de nourriture. Après-demain, elle ne sait pas ce qu'il adviendra.


Les prix ont flambé

Les premiers camions d'eau, le plus souvent offerts par des sociétés privées, commencent à tourner en ville. Mais ils sont loin d'être en nombre suffisant. Les vendeurs de sachets d'eau proposent aussi un peu de secours pour ceux qui ont les moyens. Car les prix ont flambé : les dix litres du précieux liquide qui se vendaient un dollar en valent désormais deux. Alors on se groupe autour des rares robinets qui offrent un filet malpropre.

«On se demande où est passé le gouvernement. Le président a parlé vendredi à la radio, mais il n'a rien dit. Nous avons besoin de quelqu'un qui commande, qui organise», tempête Pierre Maxime.

L'homme, avec des dizaines d'autres, patiente depuis des heures devant la station-service Texaco Saint-Louis-Roi-de-France. Il espère pouvoir glaner quelques galons d'essence. «Il nous en faut pour aller chercher nos morts et les enterrer pour qu'ils ne pourrissent pas plus», affirme-t-il. Partout, l'odeur pestilentielle de la mort dégagée par les milliers de cadavres à demi ensevelis commence à se répandre. Mais la station restera fermée. «Je pourrai gérer la distribution. J'ai fait face à des coups d'État, des cyclones, des pénuries. Mais que faire de l'argent gagné ? Il n'y a pas de banque. On me le volerait immédiatement», assure Frantz Delacourt, le gérant. L'insécurité, toujours vive à Haïti, est source d'angoisse. La prison, touchée par le tremblement de terre, s'est en partie effondrée, libérant des milliers de détenus.

Dans les jardins du Champ-de-Mars, les survivants se recroquevillent sur leurs maigres biens. On se jalouse. On s'épie. Lentement une colère empreinte d'impatience et d'incompréhension monte. «On se demande où sont les pompiers, les secouristes. On voit passer des avions dans le ciel, mais ici on ne voit rien venir», explique Charles Jackson, qui vient de dormir quatre nuits dehors avec ses jeunes enfants. «La situation est inquiétante, constate Emmanuel Laguerre, un cadre. Ici, même en temps normal, il n'y a presque pas de police. Et on ne sait jamais ce qui peut arriver. Quand les gens ont faim, ils cessent de réfléchir.»

Jessie Bellerive, la secrétaire exécutive du premier ministre, en est consciente. «Si nous nous trouvions dans leur situation, nous ne réagirions pas autrement», rappelle-t-elle, étonnamment stoïque. Elle reconnaît que le gouvernement a tardé à communiquer, à rassurer. «C'est difficile. Il n'y a pas de téléphone. Les ministres ne peuvent même pas se parler.» Des dizaines de grands immeubles se sont effondrés. La clinique Sodec a enseveli ses 200 malades et médecins. Mais personne n'a tenté d'organiser une opération de secours. Pas plus à l'hôpital Bel-Air ou dans les écoles. «Il y a pourtant sans doute des gens vivants à l'intérieur», reconnaît Sephyrin Ardoin. Ce vigoureux commandant des pompiers d'Haïti, venu de Cap-Haïtien, a commencé dans la nuit à fouiller les décombres de l'université de Port-au-Prince dans la nuit de jeudi. Depuis deux jours, des cris et des appels à l'aide filtrent au travers de l'immense tas de gravats, seul vestige du building de cinq étages.


Sauvetages miraculeux

Devant les lieux, les familles impuissantes ne peuvent que répondre, faire des promesses, et en appeler à Dieu. «Nous avons pu secourir deux étudiantes. Nous sommes en contact avec deux autres. Mais il nous faudrait d'autres matériels pour les extraire», indique l'officier. Finalement, des secouristes américains lui viennent en aide, passant outre les consignes de leur hiérarchie.

Comme la plupart des équipes internationales, les sauveteurs américains se concentrent pour l'heure sur quelques immeubles, à commencer par l'Hôtel Montana. Cet hôtel de luxe, le plus prestigieux de Port-au-Prince, a littéralement glissé le long de la colline à laquelle il s'accrochait. «Il y avait environ soixante clients et une dizaine d'employés au moment du drame», explique Rodriguo Vasquez, l'officier qui coordonne les opérations. Depuis jeudi, une soixantaine d'hommes de la Sécurité civile française sondent les vastes plaques de béton, tentant de repérer un signe. Des Espagnols, des Chiliens fouillent aussi avec acharnement et parfois avec succès. Jeudi, à la tombée de la nuit, alors que l'espoir s'évanouissait, les secouristes français ont établi le contact avec six survivants. À l'aube, quatre touristes américains ont pu retrouver l'air libre, presque indemnes, après trois jours sous terre. Plus tard, le liftier sortait lui aussi, miraculé.

Assis sur une petite chaise, le regard vide, Lucksen ne réalise toujours pas. Coincé dans la cabine d'ascenseur presque intacte, il a gardé espoir. «Je savais que l'on viendrait», dit-il en brossant d'un geste automatique son uniforme à peine poussiéreux. Combien d'autres dans la ville ravagée prient encore dans leur prison ?
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