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 CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.

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Belle Ancolie
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MessageSujet: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Mar 19 Mai - 13:41

VOICI UNE LÉGENDE URBAINE AMUSANTE;




Super grand-maman !


Une dame agée, retournant à sa voiture après avoir fait ses courses, aperçoit quatre hommes sur le point de partir avec celle-ci. Sans hésiter, elle laisse tomber ses commissions, saisit son revolver, les menace et crie:

"J'ai un revolver et je sais m'en servir. Sortez de là, salopards !"

Les quatre hommes n'attendent pas une deuxième invitation et filent sans demander leur reste.

Après quoi, la petite dame, secouée mais fiérote, ramasse ses sacs, les charge à l'arrière de la voiture et s'assied derrière le volant.

Mais elle est si secouée par l'incident, qu'elle n'arrive pas à introduire la clef dans la serrure. Elle essaie en vain plusieurs fois et soudain réalise pourquoi.

Quelques minutes plus tard, elle retrouve sa voiture parquée un peu plus loin.

Consciente du problème, elle transporte ses commissions
dans SA voiture et se rend au commissariat de police le plus proche.

L'agent à qui elle raconte sa mésaventure se tord de rire au point d'en suffoquer et lui montre au fond de la pièce quatre hommes encore pâles de terreur en train de remplir une déclaration pour le vol avec violence de leur véhicule par une petite dame de 1.60 mètre portant lunettes, cheveux bouclés et brandissant un revolver.

L'affaire fut classée sans suite.


Dernière édition par Belle Ancolie le Mar 19 Mai - 22:32, édité 1 fois
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Belle Ancolie
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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Mar 19 Mai - 22:31


LE PONT DE QUÉBEC



L'inauguration officielle du pont de Québec a été faite le 22 août 1919. Les travaux avaient pourtant débuté dès octobre 1900. De nombreux accidents graves, causant même des pertes humaines, sont survenus lors de sa construction. Il n'en fallait pas plus pour créer un terrain fertile à la légende.

Le 29 août 1907, une partie importante du pont en construction s'écroula, tuant d'un coup plus de 75 ouvriers et en blessant plusieurs autres. Le 20 juillet 1916, un autre accident eut lieu. On parle alors de 13 morts. Il semble bien que la construction de ce fameux pont était victime d'un certain maléfice. On décida quand même de poursuivre les travaux car un pont à Québec était nécessaire au transport ferroviaire et au développement de la région.

À la reprise des travaux, un ingénieur se présenta au contremaître pour lui proposer ses services. Il promettait un travail sans aucune catastrophe, mais à certaines conditions: celui-ci devait entre autres choses, lui promettre que l'âme de la première personne à traverser le pont lui soit remise.

Ébranlé par tout ce qui venait d'arriver, et sans réfléchir, le contremaître accepta.

Les travaux reprirent enfin et tout se passa bien jusqu'au jour de l'inauguration.

Au moment où l'on s'apprêtait à traverser le pont, le contremaître aperçut le fameux ingénieur et lui trouva un air diabolique. Il se rappela alors sa promesse de lui offrir l'âme de la première personne à traverser le pont. Réalisant avec horreur qu'il avait agi sans réfléchir et avant qu'il ne soit trop tard il empoigna un gros chat noir qui se serait malencontreusement trouvé, au mauvais endroit au mauvais moment sur le pont et le lança sur le faux ingénieur. Tous les deux, l'ingénieur et le chat noir, disparurent. On ne retrouva qu'un petit tas de poils ensanglantés.


Si vous vous rendez à Québec un jour, et que vous souhaitiez traverser le fleuve, il vaudrait peut-être mieux emprunter le pont Pierre-Laporte car il paraît que le diable attend toujours de se venger....
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Belle Ancolie
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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Mar 19 Mai - 22:34


LA LÉGENDE DU ROCHER PERCÉ



Vous connaissez sans doute mille et une histoires entourant le magnifique Rocher Percé en Gaspésie. Je vous raconte celle de la belle Blanche de Beaumont et du Chevalier de Nérac. C'était à l'époque où le Canada appartenait encore à la France.

Blanche de Beaumont vivait en Normandie, dans un vieux château. C'était une belle jeune fille âgée d'à peine seize ans. Elle était fiancée au chevalier Raymond de Nérac dont elle était très amoureuse.

Sur les ordres du roi, le chevalier de Nérac dut se rendre en Nouvelle-France pour combattre les féroces Iroquois. Adieu la douce vie en France, les plaisirs de la cour et la belle et adorable fiancée de Normandie.

Une fois en Nouvelle-France, le chevalier de Nérac n'eut pas la vie facile. Il dut combattre les Iroquois et affronter nos durs hivers tout en commandant des hommes qui n'étaient guère obéissants. Il se rongeait d'ennui et d'amour pour sa fiancée qui le hantait.

Pendant ce temps, Blanche de Beaumont se morfondait également dans l'attente de son bien-aimé. Elle prit un jour la décision d'aller rejoindre son fiancé en Nouvelle-France et de l'épouser. Blanche de Beaumont s'embarqua donc pour la Nouvelle-France avec son frère que le roi avait prié de faire du service dans sa colonie.

À la mi-octobre, le navire arriva à la hauteur des côtes de Terre-Neuve. Soudain la vigie annonça un navire à bâbord, et on eut tôt fait de reconnaître un vaisseau pirate. Le capitaine ordonna à tous les hommes de se munir de leurs armes et assigna à chacun d'eux un poste en attente de l'abordage. Ce fut l'horreur! Les Français offrirent une résistance farouche mais les pirates, plus nombreux et mieux armés s'emparèrent du navire et de son contenu. Ils firent plusieurs prisonniers dont Blanche de Beaumont qu'on enferma dans une cabine.

Quand le capitaine des pirates aperçut la jeune fille, il décida qu'elle devait lui appartenir. Mais au lieu de la violenter, comme c'était souvent son habitude, il voulut en faire sa femme, la patronne du navire et la mère de ses enfants. Les enfants qu'il aurait seraient de sang noble.

Mais c'était sans compter la détermination de Blanche de Beaumont.
Celle-ci, accepta la proposition du capitaine, mais au moment de la célébration, alors qu'on s'y attendait le moins, elle se retourna, se mit à courir et se jeta à l'eau avant que personne n'ait pu intervenir. Elle disparut dans les profondeurs de la mer.

Par la suite, le navire glissa dans un épais brouillard. Le lendemain, lorsque le soleil eut réussi à dissiper cette brume, l'équipage aperçut une masse énorme: c'était le Rocher Percé. Cet imposant rocher, semblant flotter près du rivage comme un navire ancré, dégageait une menace mystérieuse et impitoyable. Les pirates, figés de terreur, distinguèrent à son sommet une espèce d'apparition voilée dans laquelle ils crurent reconnaître Blanche de Beaumont. Puis brusquement, cette apparition abaissa ses mains vers le vaisseau dans un geste de malédiction et ce dernier, avec tous ses occupants, fut changé en un rocher dont on retrouve encore des vestiges aujourd'hui.

Quant au chevalier de Nérac, il périt peu après aux mains des Iroquois.

Il paraît qu'à certains moments, lorsque le Rocher Percé est enveloppé de brouillard, on croit parfois entrevoir Blanche de Beaumont à la recherche de son amour perdu...
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Tulipe Noire
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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Mar 19 Mai - 23:54

j'adore!!! merci belle fourire
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momolulu
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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Mer 20 Mai - 10:47

Belle, merci, très belle histoire!!! ordi
Alors tu vois Belle en ce temps-là on prenait le bateau de la Normandie au Canada!!! :018:

_________________
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Belle Ancolie
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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Mer 20 Mai - 18:43



Le cordon !

Un professeur avait l'habitude, en fin d'études, de donner à ses étudiants un cordon violet sur lequel on pouvait lire "Qui je suis fait toute la différence" imprimé en lettres dorées.

Il disait à chaque étudiant à cette occasion pourquoi il l'appréciait et pourquoi le cours était différent grâce à lui.

Un jour, il a l'idée d'étudier l'effet de ce processus sur la communauté, et envoie ses étudiants remettre des cordons à ceux qu'ils connaissent et qui "font la différence".

Il leur donne 3 cordons en leur demandant ceci :

"Remettez un cordon violet à la personne de votre choix en lui disant pourquoi elle fait la différence pour vous, et donnez-lui deux autres cordons pour qu'elle en remette un elle-même et ainsi de suite. Faites-moi ensuite un compte-rendu des résultats."

L'un des étudiant s'en va, et va le remettre à son patron (car il travaillait à mi-temps) un gars assez grincheux, mais qu'il appréciait.

"Je vous admire beaucoup pour tout ce que vous faites, pour moi vous êtes un véritable génie créatif et un homme juste. Accepteriez-vous que j'accroche ce cordon violet à votre veste en témoignage de ma reconnaissance ?"

Le patron est surpris, mais répond "Eh bien, euh, oui, bien sûr..."

Le garçon continue "Et accepteriez-vous de prendre deux autres cordons violets pour les remettre à quelqu'un qui fait toute la différence pour vous, comme je viens de le faire ? C'est pour une enquête que nous menons à l'université."

"D'accord"

Et voilà notre homme qui rentre chez lui le soir, son cordon à la veste. Il dit bonsoir à son fils de 14 ans, et lui raconte : "Il m'est arrivé un truc étonnant aujourd'hui. Un de mes employés m'a donné un cordon violet sur lequel il est écrit, tu peux le voir, "Qui je suis fait toute la différence". Il m'en a donné un autre à remettre à quelqu'un qui compte beaucoup pour moi.

La journée a été dure, mais en revenant je me suis dit qu'il y a une personne, un seule, à qui j'aie envie de le remettre.

Tu vois, je t'engueule souvent parce que tu ne travailles pas assez, que tu ne penses qu'à sortir avec tes copains et que ta chambre est un parfait foutoir... mais ce soir je voulais te dire que tu es très important pour moi. Tu fais, avec ta mère, toute la différence dans ma vie et j'aimerais que tu acceptes ce cordon violet en témoignage de mon amour. Je ne te le dis pas assez, mais tu es un garçon formidable !"

Il avait à peine fini que son fils se met à pleurer, pleurer, son corps tout entier secoué de sanglots.

Son père le prend dans ses bras et lui dit "Ca va, ça va... est-ce que j'ai dit quelque chose qui t'a blessé ?" "Non papa... mais... snif... j'avais décidé de me suicider demain. J'avais tout planifié parce que j'étais certain que tu ne m'aimais pas malgré tous mes efforts pour te plaire. Maintenant tout est changé..."
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Belle Ancolie
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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Mer 20 Mai - 18:44

MERCI TULIPE ET MOMO. :043:
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Belle Ancolie
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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Mer 20 Mai - 18:51

La légende du père Buteux et du Trou du diable de Shawinigan

« À la découverte de la Nouvelle-France, l’on pensait avoir trouvé un continent vierge, un paradis terrestre, un endroit où le Malin n’avait pas encore oeuvré. Rapidement, l’on fit la rencontre d’indigènes qui, depuis fort longtemps, arpentaient le territoire. Et l’on réalisa aussi vite qu’ils n’adoraient pas les mêmes figures que celles représentées dans notre sainte Église. Tout de suite, on pensa à ce cher personnage rouge, à la queue fourchue, cornes au front, et à la possibilité qu’il s’installa ici pour y régner en maître. Dès lors, des hordes de Robes Noires foulèrent le sol de la Nouvelle-France, décidées et acharnées, munies d’une imagination et d’une persévérance sans bornes, agissant en un seul et unique but : remettre les enfants de cette terre sur le chemin de Dieu.

Le pauvre Diable, de son côté, qui n’avait su, jusqu’à ce jour, que faire sur ce continent ignorant le bien et de mal, ne s’était attardé de ces mauvaises farces et avait plutôt laissé ces braves gens tranquilles.

Ici, il avait plutôt cherché refuge, profitant de cet endroit où il pouvait prendre des vacances, se disant que l’être le plus pourchassé de ce monde méritait un endroit si idéal. Et c’est ainsi que le Diable avait trouvé demeure dans une caverne sans fond, au pied d’une chute, abrité qu’il fut dès lors par un immense et éternel remous. En cet endroit, il avait trouvé tant la tranquillité, la détente, que l’occasion de s’enivrer et de festoyer sans être dérangé.

Parfois même, il se permettait le loisir de tourmenter quelques pauvres âmes égarées qui avaient eu la malchance de tomber dans la chute. Le seul inconvénient à cet enfer paradisiaque était pour lui l’approvisionnement en bonne chair et en boisson. Lui qui aimait tant la bonne cervoise devait, chaque fois qu’il allait taquiner les Européens, se ramener quelques chopines. Mais le Diable est rusé et parfois chanceux. C’est ainsi qu’il avait vite pris connaissance de la présence des Robes Noires en son Eden privé.



Comble de chance, en l’an de grâce 1634, le Père Jacques Buteux, de la compagnie des Jésuites, accoste à Québec en tant que premier évangéliste missionnaire et est envoyé à Trois-Rivières. Jacques Buteux voyage beaucoup et apprend à connaître les diverses tribus indiennes ainsi que leurs mœurs et coutumes. Malgré une allure frêle et délicate, il est animé d’une foi en Dieu et d’un désir de la partager qui le pousse bientôt plus loin dans les terres, au moment même où le Diable eut cette réflexion : « Subir une fois de plus l’assaut de mes persécuteurs en mon refuge, autant même en tirer profit ».

Le 4 avril 1652, Jacques Buteux part pour la Mattawin. C’est à son retour vers Trois-Rivières, le 10 mai suivant, qu’il remonte la St-Maurice, accompagné de Montagnais afin de se rendre à un endroit que les autochtones appelaient Achawenekane, Ochawenegane ou encore Assawenegane, C’est à ce même endroit qu’ils furent tous pris en chasse par une bande d’Iroquois, puis interceptés. Les Montagnais furent tués sur le champ. Quant au pauvre Buteux, qui avait été atteint au bras droit et à la poitrine, il fut torturé et massacré, les tomahawks avec lesquels on le frappa complétant le sacrifice. Les Iroquois traînèrent sa dépouille en un endroit qu’ils considéraient damné, qu’ils savaient aussi habité par de mauvais esprits. Cet endroit, ils le nommaient « le trou des mauvais manitous ». Plus tard, l’endroit prit le nom de « trou du diable ». On raconte qu’il avait la caractéristique d’emprisonner à jamais ce qui y tombait. Les Iroquois y jetèrent la dépouille du Père Buteux. Le Diable y accueillit la pauvre âme avec un sourire, enchanté de ce qui venait de se produire et tout autant satisfait... »

Les chutes et le trou du diable


De menaçant remous


Le visage de l'indien


Le Trou du Diable

Au Parc de l'Île Melville, à Shawinigan, l’arrivée du printemps offre un spectacle saisissant. L’important débit d’eau provenant de la fonte des neiges et les nombreux escarpements rocheux donnent aux chutes de Shawinigan une force impressionnante.
Les chutes et le trou du diable

De menaçant remous
Au bas des chutes se trouve une large et profonde cuvette rocheuse, dans lequel s’engouffre cette importante masse d’eau, créant avec violence de menaçant remous. Le spectacle ne laisse personne indifférent, il est facile de comprendre pourquoi l’endroit fut nommé le trou du diable. Ce dernier est maintenant entouré de plusieurs récits relatant les noyades qui y sont associés et ce avec raison. De 1997 à 2002, trois jeunes de l'école secondaire Val-Mauricie y ont perdu la vie. De nombreuses noyades sont aussi survenues aux environs du trou du diable, tout ce secteur du parc est en effet très dangereux, particulièrement en début de saison. Pour ajouter un peu au mystère à l'endroit, les rochers de la falaise surplombant le trou du diable forment un visage amérindien au traits sévères, qui semble surveiller l’endroit.

La Mauricie compte d’ailleurs un autre trou du diable. Un peu plus au nord, une profonde fosse du lac Mékinac a aussi été nommée ainsi par les draveurs (travailleurs chargés d’acheminer le bois flottant sur les lacs et cours d’eau) à cause des nombreuses pertes humaines survenues à cet endroits.

Ces lieux inspirant la peur et représentant un danger évident pour tous, les gens des environs leurs attribuaient des noms emblématiques de la menace qu’ils représentent.



L'histoire derrière la légende

Le père Jacques Buteux fut un des importants explorateurs de la Mauricie et du centre du Québec, le premier "homme blanc" à remonter le St-Maurice et à pénétrer profondément à l'intérieur de ces terres sauvages pour rencontrer et faire connaître la parole de Dieu aux amérindiens des environs

Le visage de l'indien

. Au moment de sa mort, il en était à son deuxième voyage au cœur de la Mauricie et tentait de retourner aux villages amérindiens qu’il avait découverts lors de sa précédente expédition. Il avait baptisé certains sauvages à cet endroit et désirait y retourner afin de convertir le grand nombre d’autochtones possible. Les nouvelles étaient mauvaises, la rumeur disait que les villages à cet endroit avaient été attaqués par les Iroquois et les familles massacrées.

Les circonstances entourant sa mort sont encore bien mal connues, mais les historiens sont généralement d'accord qu'il n'a pas été assassiné à la hauteur des chutes de Shawinigan.

Selon les dires d’un amérindien qui l’accompagnait et qui survécut de justesse à l’attaque iroquoise, le père Buteux était en compagnie de seulement deux compagnons au moment de son assassinat. Le groupe d’environ 60 personnes qui formait la deuxième expédition du religieux avait dû se séparer après environ 1 mois de voyage parce que la nourriture se faisait rare. Il était en effet beaucoup plus facile de trouver de la nourriture individuellement qu’en groupe. Le missionnaire lui, aurait décidé de continuer sa progression sur le St-Maurice, afin d’arriver le plus rapidement possible à destination et ce même si la rivière était difficilement navigable à cette période de l’année. Il aurait gardé comme coéquipier un soldat français et un amérindien connaissant mal la région.

Selon certaines sources, c'est l'historien Benjamin Sulte (1841 - 1923) qui aurait fait une grave erreur en localisant la mort du Père Buteux au abord de la chute Shawinigan. Le départ du voyage étant le 4 avril et sa mort 36 jours plus tard, il est plus que probable que le groupe ait été beaucoup plus proche des sources du St-Maurice. Le trajet Trois-Rivières - Shawinigan se faisant en une journée, parfois moins, il est impossible que le père Buteux ait été à cet endroit 36 jours plus tard. Nous savons également que ce dernier n'a jamais atteint sa destination, trois lacs de la Haute-Mauricie, voyage qui lui avait pris "un gros mois" de voyage lors de sa première excursion, 1 an plus tôt.

Selon Monseigneur Napoléon Caron (1846 - 1932), qui étudia l'histoire du père Buteux et écrit même un livre nommé "Deux voyages sur le St-Maurice", le père Buteux aurait atteint les rapides actuellement exploité par le barrage Beaumont: « Il faisait la son troisième portage lorsqu'il fût assassiné par les Iroquois. ». Les archives nous expliquent également que le père Buteux et sa troupe auraient été excorté par des soldats jusqu'aux chutes de la Shawinigan, réduisant davantage les risques d'une attaque Iroquoise à cet endroit.


Les rapides de Beaumont, maintenant devenu la Centrale Beaumont


Cette belle légende, bien connue à Shawinigan, serait donc basé sur une mauvaise interprétation des documents entourant les voyages du père Jacques Buteux. Cependant, si vous passez dans les environs de Shawinigan, n'hésitez pas à arrêter au parc Melville pour visiter cet endroit, les toujours impressionnantes chutes de Shawinigan ne laissent personne indifférent.


Dernière édition par Belle Ancolie le Jeu 21 Mai - 17:00, édité 2 fois
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Belle Ancolie
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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Jeu 21 Mai - 16:54



LE PETIT BONHOMME SANS TÊTE DE L'ISLE-AUX-GRUES


Située en face de Cap-Saint-Ignace, à l'est de la ville de Québec ( Canada ), l'Isle-aux-Grues recèle plusieurs mystères. L'un des plus captivants est celui d'un étrange personnage qui y fut aperçu de l'année 1810 à l'année 1841. En effet, à cette époque , un nain sans tête, portant redingote noire et pantalon gris, terrorisa les habitatnts de l'île qui crurent y voir le diable en personne.

Presque tous les habitants furent témoins de cette étrange présence. La première fut une certaine "Catin" Gagné et le dernier fut Louis Lebel, qui reçut des blessures lors de cette insolite rencontre. Le Petit Bonhomme sans Tête ne se montrait que la nuit et toujours au même endroit de l'île, près de la côte qui mène à la haute-ville.


Les témoins cités ont réellement existé, leurs témoignages concordaient entre eux et les lieux décrits sont encore visibles aujourd'hui. Qui était donc cet étrange personnage ? Un fantôme? Un être de légende ? Un être réel vivant en reclus ? S'agissait-il d'un noble comme le laisse croire son habillement ? Ou encore d'un enfant difforme appartenant à une quelconque famille de l'île et gardé au secret ? Personne ne sait. Nous pouvons nous demander si les seigneurs de l'époque, que ce soit les de Beaujeu ou les McPherson ont su quoique ce soit concernant ce personnage légendaire. Si oui, le secret fut bien gardé.

L'Isle-aux-Grues est contiguë à l'Ile-aux-Oies et il est possible de passer de l'une à l'autre à pied ferme pendant la presque totalité de l'année. Est-ce que l'étrange reclus qui vécut sur cette dernière île de l'année 1731 à 1750, date supposée de sa mort, pourrait avoir un lien avec l'étrange personnage qui y fut aperçu près de 60 ans plus tard ? Ce reclus, un homme enfermé dans une sorte de donjon et qui hurlait au point que sa demeure était appelée " la maison de l'aliéné", était-il réellement Pierre Bécard de Grandville, le fils du seigneur ? Si oui, de quelle maladie souffrait-il ? Et pour quelles raisons, fut-il enfermé par sa famille ? Sa réclusion était-elle volontaire ou était-il prisonnier ? Une recherche historique me fit découvrir qu'il était impossible de retrouver les lieux où il fut inhumé. Des trois endroits possibles , Montmagny, Cap St-Ignace et Québec , nul n'a conservé la trace de son inhumation. Il est fort possible que son corps se trouve encore actuellement.... sur l'Ile-aux-Oies même !

Un troisième mystère attend celui qui s'intéresse à l'histoire de ces îles; l'horrible meurtre de deux chercheurs d'ancres, les frères Griffin. Ce drame se produisit dans les années 1830 ( alors que le Petit Bonhomme sans Tête rodait sur l'îles-aux-Grues) et ne fut jamais résolu. Ce double meurtre a-t-il quelque chose à voir avec cet étrange présence inexpliquée ? Les deux hommes furent pratiquement massacrés et leurs corps découverts sur la petite île deux jours plus tard. Une recherche historique plus sérieuse m'a fait découvrir que les documents concernant ce double crime ont disparu de tous les lieux d'archives du Québec au point que les historiens locaux croyaient à une légende. Mais les articles de journaux de l'époque me confirmeront la réalité de ce double meurtre. Les frères Griffins auraient-il pu dévoiler quelque chose que des gens de l'île voulaient cacher ? La question est fort intéressante. Si ces légendes et mystères vous intéressent l'ensemble des documents historiques que j'ai pu retrouver et consulter sont présentés dans mon ouvrage: Le Petit Bonhomme sans Tête de l'Isle-aux-Grues, à la recherche d'une légende, publié aux éditions Archimède. La consultation de ces documents ne résout pas tous les mystères mais peut nous permettre de cibler des hypothèses et de répondre à certaines questions fort intriguantes. "
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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Jeu 21 Mai - 16:58

LE DIABLE DES FORGES DU ST-MAURICE
Il ne faut pas danser le dimanche...



Les célèbres forges du St-Maurice, Trois-Rivières, Québec.


Adapté d'un conte populaire

Au Québec, le personnage de conteur Jos Violon est bien connu. Il a été par Louis Fréchette, écrivain et journaliste, qui a publié dans les journaux et les gazettes de son temps une foule de contes oraux qu'on racontait l'grr dans les chantiers de coupe de bois et qu'on risquait d'oublier. Avant de prendre la parole, Jos Violon lançait à son auditoire :



Cric, crac, les enfants
Parli, parlo, parlons !
Pour en savoir le court et le long
Passez le crachoir à Jos Violon.
Sacatabi, sac-à-tabac
À la porte les ceusses qu'écouteront pas !


Cette histoire se passe en Mauricie, non loin de Trois-Rivières, où naquit la première usine métallique au Canada en 1729 : les forges du Saint-Maurice. Ces Forges, dont les vestiges existent encore, ont donné naissance à bien des histoires sans doute à cause du feu qui brûlait dans le haut fourneau. Trois-Rivières était un lieu de passage pour les équipes de bûcherons qui « montaient » plus haut sur la rivière Saint-Mauricie pour aller bûcher.

Ce soir-là, Jos Violon était en forme. Avec son assurance ordinaire, il lança, pour obtenir le silence, la formule sacramentelle :

Cric, crac, les enfants
Parli, parlo, parlons !
Pour en savoir le court et le long
Passez le crachoir à Jos Violon.
Sacatabi, sac-à-tabac
À la porte les ceusses qu'écouteront pas !


Et il commença :

- Si Jos Violon a un conseil à vous donner, les enfants, ce serait de ne jamais danser le dimanche, ni pour or ni pour argent. Si vous voulez savoir pourquoi, écoutez ce que je m 'en vas vous raconter.

Cette année-là, je m'étais engagé avec Fifi Labranche, le joueur de violon, pour aller faire du bois carré* sur le Saint-Maurice. On était dix-huit en tout, six par canot, et on devait tous se rejoindre aux Trois-Rivières.

Le contremaître, un nommé Nesbitt, confia à Jos Violon :

- Je prends les devants pour aller à la chasse avec des sauvages. Je te laisse le commandement. Vous me rejoindrez lundi à la tête du Portage de la Cuisse.

- Le Portage de la Cuisse ? Je connais bien.

- Bon ! Mais attention, surveille bien tes gaillards, poursuivit Nesbitt. S'il y en a un qui manque, je m'en prendrai à toi, entends-tu ?

Vous serez dix-huit, juste. Pour ne pas en laisser en chemin, à chaque embarquement et à chaque débarquement, compte-les, dit Nesbitt. Je peux me fier à toi ?


- Comme à Monseigneur !

- Et ben, c'est correct ! À lundi soir, comme ça : au Portage de la Cuisse.

Et il partit. Quand j'appris aux autres le départ du contremaître, ce fut un cri de joie. On grimpa dans les canots et, l'aviron au bout du bras, on s'apprêtait à partir quand je me souvins de ma promesse et je criai :

- Attendez ! attendez. Est-ce qu'on y est tous ? Faut se compter !

- C'est pas malaisé, que dit Fifi Labranche, de se compter. On est six par canot ; et on a trois canots. Trois fois six, dix-huit !

Je fis le compte. C'était bien ça. On y était tous. Alors je dis :

- Filons !

Ça filait pour de vrai ! Parce que mes comparses avaient une idée dans la tête que l'un d'eux lança en avironnant :

- Faut aller danser aux forges ce soir !

Les forges du Saint-Maurice, les enfants, c'était pas le perron de l'église ! Et juste en face des Forges, il y avait l'auberge du père Carillon et c'est là qu'on arrêta les canots ! Il y avait là toute une bande de jeunesse à qui il ne manquait qu'un joueur de violon pour se dégourdir les orteils. Et comme Fifi Labranche n'avait pas oublié son ustensile, je vous garantis qu'on fut bien reçus.

On n'était pas arrivés depuis cinq minutes que déjà défilaient les gigues simples, les reels *, les cotillons*, les voleuses* et les harlapattes*. Les semelles faisaient du feu et les jupes et les câlines en frisaient comme des flammèches. Le temps passait vite. Et v'là que minuit arriva et le dimanche avec, comme de raison : c'est ce qui arrive après le samedi soir.

- C'est assez, les jeunesses, dit la mère Carillon. On est tous des chrétiens alors, pas de danse le dimanche !

- Tais-toi donc, la vieille ! lança le père Carillon. Souviens-toi de ton jeune temps. Tu relevais pas le nez devant un petit rigodon* le dimanche. N'écoutez pas, vous autres. Allez, sautez !

Et tout se remit en branle. Mais moi, qui ne suis pas un bigot, vous me connaissez, je m'en fus m'asseoir dans un coin à fumer ma pipe tout seul. Parce qu'il fallait que je surveille mes compagnons !

« Y vont se fatiguer à la fin. En attendant je ferai un somme », que je me dis.

Mais plus qu'on avançait vers le dimanche et plus que les danseux et les danseuses se trémoussaient la corporation au milieu du plancher.

- Vous dansez donc pas ? fit près de moi une petite voix venant d'une créature qui m'avait reluqué depuis le début de la veillée.

- J'aime pas danser sur le dimanche, que je répondis.

- Et v'là des scrupules ! j'aurais pas cru ça d'un homme comme vous ...

La bougresse s'appelait Célanire Sarrazin : une bouche, une taille... des joues comme des pommes fameuses ... j'en dis pas plus. J'aurais bien voulu résister mais le petit serpent me prit par le bras en disant :

- Voyons, faites pas l'habitant*, monsieur Jos ; venez danser ce cotillon*-là avec moi.

J'ai jamais tricoté comme ça de ma vie, mes enfants. La petite Célanire sautait comme une sauterelle ; et moi, je ne voyais plus clair.

Et là, ce fut comme si j'avais perdu connaissance : encore au jour d'aujourd'hui, les enfants, je pourrais pas vous dire comment est-ce que je regagnai mon banc et que je m'endormis en fumant ma pipe. Tout à coup, ma gueuse de pipe m'échappa des dents et je m'éveillai... Plus de violon, plus de danse, plus d'éclat de rire, plus un chat dans l'appartement. J'étais à me demander quel bord prendre quand je vis arriver devant moi la mère Carillon, le visage tout égarouillé*.

- Père Jos, dit-elle y a rien que vous de sage dans c'te boutique. Venez à notre secours !

- De quoi y a-t-il donc, la p'tite mère ?

- Le méchant esprit est dans les Forges !

- Le méchant esprit est dans les Forges ?

- Oui, la Louise Quiennon l'a vu tout clair comme je vous vois là. V'là ce que c'est de danser le dimanche !

- Et qu'est-ce qu'elle a vu, la Louise ? demandai-je.

- Le démon des Forges, ni plus, ni moins. Elle était sortie un moment quand elle a entendu brimbaler le gros marteau de la forge qui cognait boum ! boum ! boum ! comme en plein cœur de la semaine. Elle a tout de suite remarqué que la grande cheminée flambait toute rouge et lançait des paquets d'étincelles. Tout tremblait. Elle s'est approchée et a vu un homme qui avait une jambe sous le gros marteau. Il tournait cette jambe dans un sens et dans l'autre tandis que le marteau battais, comme on fait une barre de fer que l'on veut écrouir. La jambe s'allongeait comme si elle avait réellement été de fer rougi. L'épouvante a pris la Louise. Quand elle est rentrée, presque sans connaissance, la danse s'est arrêtée vite, je vous le garantis. | « Chut ! chut ! le diable est dans les Forges !... » qu'elle a dit avant de s'affaler sur le plancher.

Comme de raison, tout le monde est sorti. Mais... plus rien ! La porte de la forge était fermée ; pas une flamme dans la cheminée ! Tout était tranquille... Et le plus extraordinaire de l'affaire c'est qu'il n'y avait pas gros comme ça de lumière nulle part. Il faisait noir comme chez le loup. On l'avait échappé belle ! Quand tout le monde fut entré, Fifi Labranche mit son violon dans sa boîte et dit :

- Couchons-nous !

- Attendez voir, que je dis. Vous vous coucherez point avant que je vous aie comptés...

Puis, je compte...

- Un, deux, trois, quatre, cinq... dix-sept
Rien que dix-sept.

- Je me suis trompé, que je dis.

Et je recommence.

- Dix-sept ! Toujours dix-sept ! m'en manque un ! Qui c'qui manque parmi vous
autres ?

Ils y étaient tous. Mais il en manquait toujours un.

- Cherchons, dit Fifi Labranche : si le diable des Forges l'a pas emporté, on le trouvera ben.

On chercha sous les bancs, sous les tables, sous les lits, dans le grenier, dans la cave, derrière les cordes de bois, dans les bâtiments, jusque dans le puits...

Personne ! On chercha comme ça jusqu'au petit jour. Puis arriva le temps de repartir. Les camarades s'écrièrent :

- Il est temps d'embarquer. Laissons-le ! Si le flandrin* est dégradé, ce sera tant pis pour lui. Aux canots !

Et ils dégringolèrent du côté de la rivière. Je les suivais bien piteux comme de raison. N'importe, je fis comme les autres ; je pris mon aviron et j'embarquai.

- En avant nos gens ! mais, dit Eustache Barjeon, on y est tous !

- On y est tous ? demandai-je.

- Ben sûr ! Comptez : six canot. Trois fois six font dix-huit !

Aussi vrai que vous êtes là, les enfants, je comptai au moins vingt fois de suite. On étais ben six par canot ce qui faisait notre compte juste. C'était un tour du Malin, y avait pas à dire ! Parce qu'on eut beau se recompter, se nommer, se tâter chacun son tour, pas moyen de découvrir qui c'est qu'avait manqué.

On a marché comme ça jusqu'au lendemain. Toujours six par canot. On se rendit au Portage de la Cuisse où l'on devait rejoindre Bob Nesbitt.

- À c'te heure, avant qu'on rejoigne le contremaître, que je dis, y s'agit de se compter pour la dernière fois.

Et je commence bien lentement, en touchant chaque homme du bout de mon doigt. Un, deux, trois ... dix-sept ! Encore rien que dix-sept ! Ce n'était ni plus ni moins qu'un mystère ; le diable m'en voulait ! Comment allais-je me montrer devant le contremaître avec un homme en moins ?

On se mit quand même en route au travers du bois. À chaque détour j'avais quasiment peur d'en perdre encore un. On finit par arriver. Bob Nesbitt nous attendait assis sur une souche.

- C'est vous autres ? demanda-t-il.

- À peu près ! que je criai.

- Comment à peu près ? Vous n'y êtes pas tous ?

- C'est pas de ma faute, que je dis, mais il nous en manque un.

- Où l'avez vous semé ?

- On sait pas.

- Je t'avais t'y pas recommandé à toi, Jos Violon, de toujours compter tes hommes en embarquant et en débarquant des canots ?

- Je les ai comptés peut-être vingt fois monsieur Bob

- Eh ben ?

- Eh ben, de temps en temps, y en avait dix-huit et de temps en temps y en avait rien que dix-sept.

- Quoi ?

- C'est la pure vérité. Demandez-leur !

- La main dans le feu ! dirent les hommes, depuis le plus grand jusqu'au plus petit.

- Vous êtes tous soûls comme des briques ! dit le patron.

On ne se fit pas prier et Bob Nesbitt se mit à compter.

- Un, deux, trois ... dix-huit. Où ça qu'il en manque un ? Je vous le disais bien que étiez soûls ! dit-il. Allez, faites du feu et préparez nos abris.

Quand on arriva au chantier le surlendemain, le patron me prit à part et me dit :

- Jos, pourquoi est-ce que tu m'as fait cette menterie-là, avant-hier ?

- Quelle menterie ?

- Fais pas l'innocent ! À propos de cet homme qui manquait. Je n'aime pas qu'on rie de moi...

J'eus beau me défendre, me débattre de mon mieux, il ne voulut pas m'écouter.

- J'allais te proposer une bonne affaire, Jos, me dit-il, mais puisque c'est comme ça, ce sera pour un autre.

En effet, à peine son travail au chantier achevé, Bob Nesbitt repartit pour le Saint-Maurice avec un autre homme. Et l'on apprit qu'il avait trouvé une mine d'or. Aujourd'hui, il devait rouler carosse en compagnie de son associé.

Maintenant je sais que de danser ce dimanche aux Forges a été mon malheur. Aujourd'hui, si ce n'avait été de cette Célanire Sarrazin, je serais riche. Mais non, je mourrai dans ma chemise de voyageur avec juste de quoi me faire enterrer.

Dansez jamais sur le dimanche, vous autres !

Et cric, crac, cra
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Mon histoire finit d'en par là.
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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Jeu 21 Mai - 19:03

Merci Belle........... :010:

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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Lun 25 Mai - 15:06

DE RIEN MELO.... Wink



LA GRIFFE DU DIABLE


L'histoire d'un rocher qui porte les traces du diable.


À Saint-Lazare-de-Bellechasse existe un rocher où le diable y aurait, paraît-il, laissé des traces. Là-bas, tout le monde pourra vous raconter cette légende datant de 1820. Elle est même devenue la chanson-thème d'un festival.




C'était l'époque où les femmes, souvent recluses à la maison à cause de leur progéniture nombreuse, avaient peu de divertissements. Le passe-temps préféré était souvent les chicanes de voisins. Comme il n'y avait pas de télévision, pas de radio, c'était désennuyant de se chicaner* un peu. Ce n'était pas méchant, mais les gens avaient tendance à se tirailler pour toutes sortes de raisons, ce qui a entraîné bien des procès pour des piquets de clôture. Et madame Therrien comme madame Comeau (noms fictifs) respectaient bien la tradition...

Un dimanche matin, alors que le reste de la famille était partie à la messe, madame Comeau décida d'aller cueillir des bleuets. Dans cette région, les bleuets poussent en abondance et n'ont rien à envier à ceux du Lac Saint-Jean. Elle amena avec elle son bébé de quelques mois qu'elle attacha solidement sur son dos, puis traversa la clôture où les bleuets semblaient plus gros et plus abondants.

Madame Therrien, qui la vit venir, sortit aussitôt et l'invectiva haut et fort:

- Que fais-tu là ?
- Je suis venue cueillir des bleuets.
- Mais ils ne sont pas à toi ces bleuets-là !
- Ils sont à moi autant qu'à toi ce sont des bleuets sauvages. C'est le Créateur qui les a mis là.
- Aie ! C'est du vol ça ! Tu es une maudite voleuse !

Elles commencent à se crier des noms* . Puis madame Comeau de clore la discussion en criant:

- Va donc chez le diable !

Apparut alors une créature immonde, qui n'était ni homme, ni bête.
- Vous m'avez appelée Mesdames ?

Les deux dames restaient pétrifiées. Puis, après de longues minutes, madame Comeau réagit enfin et dit à sa voisine.
- Vite, viens-t'en ici! Accrochons-nous à mon bébé. Il est pur, lui, et le diable n'a aucune emprise sur lui. C'est le seul moyen de nous sauver !
Elles ont toutes les deux enserré le bébé dans leurs bras. Comme le diable ne pouvait plus rien faire, il est devenu enragé. Il s'est mis à maugréer, à gesticuler et à griffer le rocher. Et il y a laissé des traces. Ces mêmes traces qui sont encore visibles aujourd'hui.

Madame Comeau et madame Therrien se sont réconciliées. Elles ont raconté à tout le monde comment elles avaient vaincu le diable. Une grande fête fut organisée où l'on composa un «reel»* qu'on nomma: «Le reel du diable en maudit d'avoir manqué son coup.»



*1 - Chicane ; chicaner (se) Querelle de mauvaise foi, sur des détails; se quereller.
*2 - Crier des noms (se) S'invectiver, s'insulter
*3 - Reel Mot anglais. Danse folklorique vive et animée.


Plus de photos du rocher:

Nous pouvons voir sur ces photos les traces de griffes et d'empreintes qui sont bien visibles sur le rocher. Aucune explications vraiment valables ne semblent avoir été trouvées pour expliquer la présence de ces traces. Le mystère entourant la légende de la griffe du diable semble persister.





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momolulu
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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   Lun 25 Mai - 16:40

Merci Belle, très intéressantes tes histoires, j'aime beaucoup!!! ordi
Je me demande si je ne vais pas les tirer pour les lire tranquillement le soir!!! :039:

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MessageSujet: Re: CONTES, FABLES, MYTHES ET LÉGENDES.   

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